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Comment vous parler de Mademoiselle Marie Créations sans parler de Maurice le polochon? C’est bel et bien impossible!
Maurice c’est le premier « vrai » ouvrage que j’ai réalisé lors de ma formation de reconversion à la couture. Maurice c’est un peu le début de l’aventure …
Mais avant de vous parler de lui, laissez-moi vous parler du polochon.
Car tout le monde sait ce qu’est un polochon, mais d’où ça vient?





Le polochon dans l’histoire
L’origine du sac polochon remonte au 17ème siècle en Belgique. Là-bas, on utilisait un tissu de laine épais, le Duffel (tirant son nom de la ville belge éponyme) pour créer des sacs de voyage durables.
Vous devez certainement connaître également le « duffle-coat » (version anglicisée)?! Et bien c’était « duffel-coat » avant que les Anglais ne le remettent à la mode dans les années 60! Dans tous les cas, c’est bien le tissu de laine qui sert à sa confection qui lui a donné son nom.
Pour en revenir au polochon, ce sac était particulièrement apprécié pour sa robustesse et sa capacité à transporter une grande quantité d’objets. Au fil du temps, diverses forces armées l’ont adopté. Il s’est avéré être un sac de voyage pratique pour les soldats.
Au fil des décennies, le sac polochon est devenu un indispensable auprès du grand public en tant que sac polyvalent.Versatile, on l’aime l’utiliser pour de courts voyages, comme sac de sport, pour les loisirs et même comme sac à main décontracté. Sa conception simple avec une forme cylindrique et une grande ouverture zippée en fait un accessoire pratique pour celles qui ont besoin d’un sac simple et spacieux.
Et c’est probablement cette simplicité qui me plaît tant : un sac pensé pour être utile, mais qui peut aussi devenir une véritable pièce de caractère lorsqu’on lui laisse une place pour raconter une histoire.

L’histoire de Maurice
Après cette minute culture, revenons-en à notre Maurice!
Annonce : allez vous chercher un café et un biscuit … c’est toute une histoire!
Maurice est « né » en janvier 2018. J’étais en train de finir une formation couture (1 jour par semaine en plus du boulot) dont je n’étais pas vraiment satisfaite.
J’en avais marre de rentrer tous les jeudis soirs sans avoir « fini » un « vrai » projet. Depuis des semaines ma mère me disait « Fais un polochon! C’est un basique! ».
À cette époque, il y avait encore l’émission Cousu Main le samedi à la TV.
Et ce jour là, thématique : « le sac de voyage doublé ». Vous le voyez le signe du destin ?!
Je re-visionne l’émission que j’avais enregistrée pour le coup, potasse un tuto trouvé sur internet et m’entraîne un peu pendant le week-end. J’arrive le jeudi matin avec mon croquis, mon tissu coup de coeur, ma fermeture vintage et une bonne dose de détermination…
C’est alors que la prof me dit de tout son aplomb : « Laisse tomber Marie, une doublure ne se monte pas à la machine, c’est impossible. Tu dois la coudre à la fin à la main » …
Ah bon?!… Il ne fallait pas m’en dire plus pour que je me mette en mode «machine de guerre»! À la pause déjeuner, personne ne m’avait entendu de la matinée. L’extérieur de mon polochon était assemblé mais je n’avais pas encore attaqué l’assemblage de la « fameuse » doublure.
À 14h, j’étais en panique (mais je faisais genre, hein ), la journée de formation finissait à 16h. Allais-je y arriver?!…
15.45h…
15.45h. Dernier point de couture. Maurice est officiellement fini, mais il reste une étape fatidique : le « retournage »… En effet mon polochon est cousu endroit contre endroit, il faut le retourner pour se rendre compte du résultat.
Mon coeur se met à battre la chamade.
Mes mains perdent leur agilité à cause de l’excitation…
La prof se saisit de Maurice pour le retourner … Elle était trop fière de me montrer que j’avais passé 6h à coudre pour rien (ou peut-être curieuse d’apprendre quelque chose, l’histoire ne l’avouera jamais ).
Pendant quelques instants je suis au bord du malaise… mais j’y crois!.
15.52h. Maurice est retourné. Et moi je fais l’avion dans la salle de cours en hurlant (oui je suis d’un naturel réservé, mais avec la pression, ça fait effet cocotte-minute ). Le résultat est sans appel : Maurice est PAR-FAIT!
8 ans plus tard, je le traîne encore partout, il est beau, il est solide, et c’est mon 2.55 à moi !

Et depuis…
Depuis, plein de Maurice sont sortis de l’atelier, des basiques, des provençaux, des fleuris, des bling-bling, des rustiques, des versions maxi aussi! Il fait partie des créations phare de la Mademoiselle.
Il a même son binôme Mauricette, la pochette qui permet de garder vos « indispensables » à porter de main!
Et puis parfois, Maurice sort aussi de sa forme habituelle…
Parce qu’un patron, ce n’est pas forcément une fin en soi.
Ce n’est qu’une base.
Une forme que l’on peut faire évoluer, adapter, transformer… surtout
lorsque quelqu’un arrive à l’atelier avec une idée un peu particulière!
Il y a quelque temps, une cliente m’a contactée avec une demande bien précise.
Elle souhaitait que je lui imagine, pour elle et son mari, un duo de sacs inspirés de Maurice, pour leurs escapades en week-end.
Jusque-là, rien d’extraordinaire….
Sauf que son petit cahier des charges était plutôt précis !
Il fallait que les sacs aient des dimensions précises pour rentrer dans le petit coffre de leur voiture.
Les 2 sacs devraient être assortis à la couleur du véhicule tout en gardant chacun son propre univers : du rouge fleuri pour Madame et du rouge géométrique pour Monsieur.
Elle voulait un fond plat, pour pouvoir préparer leurs affaires facilement.
Et deux façons de porter le sac : à la main ou à l’épaule.

Bref… Maurice allait devoir se réinventer!
Avant de couper, il faut tester !
Avant de travailler dans les tissus choisis avec ma cliente, il fallait évidemment que je vérifie mon nouveau patronage.
Dimensions. Proportions. Le fond plat. Les doubles anses.
Tout ce qui fait qu’un joli dessin devient un sac que l’on peut réellement utiliser.
Alors j’ai fait ce que je fais souvent à l’atelier : j’ai regardé autour de moi. Et j’ai pris ce qui était là. C’est la magie de l’upcycling.
De la toile à matelas. Du métis rustique. Quelques dentelles.
Maurizio prenait vie.

Le prototype a été validé du premier coup.
La forme fonctionnait.
Les proportions étaient bonnes.
Mission accomplie. Enfin… presque.
J’ai réalisé le duo pour ma cliente et j’ai gardé le prototype.
Et puis les mois ont passé.
Jusqu’à aujourd’hui.
Et aujourd’hui, 22 septembre, c’est la Saint-Maurice.
Il est grand temps que ce « cousin de Maurice » prenne la lumière!
En résumé…
Maurice est né d’un exercice de couture un peu désespéré un jeudi de janvier 2018…
Et depuis, il a grandi, changé de tissus, de couleurs, de styles et même de forme.
Comme quoi, parfois, une première création n’est pas simplement une première création. Elle peut devenir le début d’une longue histoire.
Et si vous aimez découvrir les histoires qui se cachent derrière les créations de l’atelier, vous pouvez aussi aller faire un tour du côté de mes créations phares, découvrir mon approche de l’upcycling textile, ou vous laisser raconter quelques-unes des matières anciennes qui passent entre mes mains.
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Maintenant que vous connaissez ma “Madeleine de Proust”, racontez-moi la vôtre en commentaire !







